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Violences : comprendre la sidération pour mieux accompagner les victimes

  • genevievemachicote9
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

J’ai découvert ce phénomène grâce à Priscilla Routier-Trillard, qui a lancé la plateforme Save You, un service d’aide destiné aux Françaises et Français de l’étranger confrontés à des situations de violence. Elle sensibilise sur les réactions des victimes, notamment la sidération, pour mieux les comprendre et mieux les accompagner.


Quand on pense à une situation de violence – qu’elle soit physique, verbale, sexuelle ou psychologique – on imagine souvent qu’une personne agressée va crier, se défendre, fuir ou demander de l’aide. Pourtant, ce n’est pas toujours le cas. Il arrive que la victime reste figée, incapable de bouger ou de parler. Ce phénomène porte un nom : la sidération.


Qu’est-ce que la sidération ?

La sidération est une réaction automatique du cerveau face à un danger extrême ou à un événement traumatisant. Elle fait partie des mécanismes de défense que le corps déclenche sans que la personne puisse le contrôler.

Lors d’un choc, le cerveau peut considérer qu’il n’y a aucune issue possible : ni la fuite, ni la défense ne semblent efficaces. Alors, il « bloque » tout : le corps se fige, la pensée se coupe, la personne ne réagit plus. C’est comme si elle était « paralysée » ou « déconnectée » pendant un moment.


Pourquoi cela arrive-t-il ?

Ce n’est pas un choix. Ce n’est pas de la faiblesse. Ce n’est pas non plus de la soumission.

La sidération est une réaction instinctive et biologique. Elle permet parfois à la personne de survivre à une situation qui semble impossible à affronter. Cela peut arriver dans des cas de guerre, de catastrophes, mais aussi dans des situations de violences sexuelles ou conjugales.


Ce que ressent une personne sidérée

Pendant la sidération, la personne peut ressentir :

  • Une sensation de vide ou de flottement.

  • L'impression que le temps s’arrête.

  • Qu’elle n’est plus dans son corps, ou qu’elle observe la scène de l’extérieur.

  • Une impossibilité de crier, de bouger ou de dire non, même si elle en a envie.

Après coup, elle peut avoir du mal à se souvenir des détails, à raconter ce qui s’est passé, ou à comprendre pourquoi elle n’a pas réagi.


Pourquoi il est important d’en parler

Beaucoup de victimes de violences se sentent coupables de ne pas avoir résisté. Elles pensent parfois : « Je n’ai rien dit, donc j’étais d’accord », ou « Je n’ai pas crié, donc ce n’était pas grave ». Ces pensées sont fausses.

La sidération montre que le corps a réagi à sa manière, pour se protéger. Cela ne diminue en rien la gravité de ce que la victime a vécu.


Comment aider une personne qui a été sidérée ?

  • Ne pas juger ses réactions pendant l’agression.

  • Lui dire que ce n’est pas sa faute.

  • L’écouter avec bienveillance, sans la forcer à raconter ce qu’elle ne veut pas.

  • L’orienter, si elle le souhaite, vers un professionnel (psychologue, médecin, assistant social, etc.).

 

La sidération est une réaction normale face à une situation anormale. Elle montre à quel point notre cerveau peut chercher à nous protéger, même si cela peut sembler incompréhensible. Reconnaître ce phénomène permet de mieux comprendre les victimes de violences et de les accompagner sans les culpabiliser.

Grâce à des personnes engagées comme Priscilla Routier-Trillard, ce sujet devient de plus en plus visible. N’hésitez pas à parler de la plateforme Save You autour de vous : elle peut faire la différence pour une personne en détresse. Informer, c’est déjà aider.

 

 
 
 

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